Pour comprendre l’histoire des Pompiers de Paris, il faut d’abord savoir que ces pompiers ont un statut particulier comparé à celui des pompiers d’autres villes de France.
Ils sont d’abord des militaires, de l’unité du génie de l’armée de terre française, sous les ordres du préfet de police de Paris.
Leur devise : Sauver ou Périr.
Ils sont commandés par le Général Jean-Claude GALLET depuis septembre 2017.
Histoire :
Sous Louis XIV, François Dumouriez du Perrier, modeste comédien de la troupe de Molière, découvre lors d’un voyage aux Pays-Bas les pompes à incendie.
Il en rapporte une en France et en fait la démonstration au roi Louis XIV. En 1699, le roi lui accorde le privilège de la fabrication et de la commercialisation de ces pompes.
En 1716, Louis XV le nomme directeur général des pompes (à incendie) de la ville de Paris. Dumouriez dispose d’un budget annuel pour entretenir les pompes et payer du personnel pour assurer cet entretien.
Après la révolution française, ces pompes sont toujours gérées par les « gardes des pompes » société civile qui hélas manque de rigueur dans son organisation.
Napoléon 1er va être témoin d’une catastrophe personnelle qui changera leur statut.
En effet, le 1er juillet 1810 lors d’une grande fête à l’ambassade d’Autriche pour fêter le mariage de Napoléon 1er avec Marie-Louise de Habsbourg, un incendie se déclare alors que plus de mille personnes sont invitées.
Après enquête, Napoléon comprend qu’il est temps de faire des « gardes pompes » un vrai corps de métier, avec des règles et de la discipline.
L’Empereur crée le 10 juillet 1810 la 3e compagnie du Génie de la Garde impériale, véritables pompiers des palais et résidences impériales. L’Empereur organise ainsi la lutte incendie de Paris en deux entités : le génie pour les résidences et bâtiments officiels, et les gardes pompes pour la ville.
L’évolution des machines et outils employés pour circonscrire les incendies, suit celle des évolutions techniques.
1871 : Les pompes à incendie sont des pompes à bras (alimentées en eau à la main). Il faut remplir le réservoir à la main puis vider l’eau par une pompe sur l’immeuble à protéger.
Les premiers tuyaux sont en cuir.
A cette époque, les pompiers tiraient le matériel à la main dans les rues de paris puis attaquaient l’incendie, cela voulait dire une double tache épuisante pour des pompiers pourtant jeunes et entrainés.
L’idée de tirer les pompes par des chevaux fait son chemin, mais il faut pour cela une logistique spécifique pour les chevaux : écuries, espace pour le foin, professionnel pour s’en occuper… cela implique de débloquer des budgets spécifiques.
A défaut, les pompiers utilisent les services des compagnies omnibus de Paris et leurs cochers.
Lorsque les pompiers reçoivent un ordre d’aller sur un incendie, ils envoient un jeune pompier à la compagnie des omnibus pour réquisitionner un cocher avec un cheval puis aller sur le lieu d’incendie. Cela prend du temps et cette solution civile-militaire n’est pas très efficace.
1885 : une première caserne pour accueillir les chevaux est prête : c’est la caserne Chaligny dans le 12ème arrondissement.
Les cochers deviennent donc des Pompiers de Paris, et les chevaux sont militaires !
1886 : des bornes à lumière dans les rues de Paris sont installées. Les victimes d’incendie ouvraient la boite, appuyaient sur un bouton qui transmettait une lumière au poste de pompiers. Ceux-ci savaient qu’il y avait un incendie mais n’avaient pas plus d’information. Pas encore de communication orale.
1888 : avertissement d’incendie Digeon avec téléphone.
1898 : engins motorisés avec des batteries électriques de 800 kg.
1910 aux premiers jours de la première guerre mondiale, les moteurs sont à essence.
C’est aussi la première génération des premiers secours. Jusque-là, le rôle des pompiers était d’éteindre les incendies.
Pendant la première guerre mondiale les pompiers sont à la disposition de l’armée et protègent Paris contre les incendies. Ils surveillent le ciel car Paris est attaqué par des bombes lancées depuis des Zeppelins. Lors d’une attaque imminente, ils parcourent la capitale en véhicules motorisés et sonnent le clairon pour prévenir la population.
Ils aident aussi à protéger le patrimoine national, comme à Reims où ils démontent les vitraux de la cathédrale pour les mettre à l’abri. Un travail périlleux sans échafaudage.
Entre la première et la deuxième guerre mondiale, Paris s’agrandit et intègre les petites communes limitrophes, les pompiers ont donc un territoire plus important à couvrir.
En 1967 : La brigade des sapeurs-pompiers de la ville de Paris absorbe les départements des Hauts-de-Seine de la Seine-Saint-Denis et du Val-de-Marne.
2002 : Première femme pompier sur le terrain
A l’heure actuelle il y a 8500 pompiers de Paris
77 casernes
120 métiers qui vont du pompier sur le terrain, au pompier spécialiste.
C’est aussi des mécaniciens, ingénieurs, architectes, professeurs de sport, professeurs de langues, photographes…
Les pompiers forment une grande entreprise qui travaille quasiment en autarcie.
On peut être pompier de terrain ou pompier spécialiste (ex. mécanicien, ingénieur…). Mais les pompiers suivent une formation militaire avec ses codes en plus d’une formation métier.
Le musée logistique des Pompiers de Paris sera installé à Saint-Ouen en 2019 avec les véhicules grandeur nature.
Un grand merci au Caporal Chef Etienne JACQUELIN qui nous a fait visiter le musée d’histoire des Pompiers de Paris, à la caserne Champerret.
Camion de Pompier / Pompe à cuire

