Jacques Pessis est journaliste, scénariste et comédien. Mais il est surtout le neveu adoptif de Pierre Dac, qui fut l’un des grands humoristes du 20ème siècle, l’inventeur du loufoque.

En quelle année avez-vous rencontré pour la première fois PIERRE DAC ? Où l’avez rencontré ?
Au milieu des années 60, chez lui, 24 avenue de Villiers, au 8ème gauche. J’étais alors étudiant. J’ai obtenu un rendez-vous. Il m’a reçu. Nous ne nous sommes plus quittés.
Qu’est-ce qui vous a plu chez Pierre Dac quand vous l’avez rencontré pour la première fois ?
J’étais un fan de toujours. Enfant, j’écoutais Signé Furax avec passion. Il y avait quelque chose dans son esprit qui m’attirait instinctivement. C’est pour cela qu’un jour, j’ai décidé de le rencontrer. C’était une idée absurde à priori, mais elle n’a pas été aussi loufoque que cela.
Quels sont les trois mots que vous utiliseriez pour définir PIERRE DAC ?
Un génie des mots, le pionnier de l’humour absurde, un patriote.
Quel a été votre plus beau souvenir avec lui ?
Il y en a des dizaines. Le premier, la conférence que j’ai montée et qu’il a donnée au Lycée Claude Bernard ou j’étais en math’sup’.
Il y a eu aussi le soir de février 1974 où je suis monté sur scène pour présenter PIERRE DAC et FRANCIS BLANCHE à Bobino.
D’innombrables fou rires parmi lesquels ce dîner dans une brasserie parisienne où il m’a fait découvrir l’une de ses spécialités : entrer dans la conversation des autres et s’en mêler discrètement sans que ces voisins se rendent vraiment compte de la réalité de la situation.
Il y a eu aussi ce jour où, en vacances, en Italie, nous avons distribué des tracts complètement blancs à des passants avant de nous cacher pour voir leur tête quand ils tournaient la feuille dans tous les sens en cherchant ce qui pouvait bien être écrit
Vous avez t’il parlé de sa vie durant la seconde guerre mondiale ?
Non. Il ne voulait pas parler du passé. Seul l’avenir l’intéressait.
Qui voyez-vous comme successeurs à PIERRE DAC dans la nouvelle génération d’humoristes ?
Les GUIGNOLS, MICHAEL HIRSCH, STEPHANE DE GROODT.
Comment êtes-vous devenu le légataire universel de son œuvre ? Expliquez-nous ce que veut dire le terme de « légataire universel » ?
Il n’avait pas d’enfants. Je suis devenu son secrétaire général particulier, son neveu adoptif et il a souhaité que je m’occupe de son œuvre. Persuadé toutefois qu’après lui, ça n’intéresserait personne. Il disait « il vaut mieux passer hériter à la poste que passer à la postérité ». Sa seule erreur…
Un mot de la fin ?
Rien de ce qui est fini n’est jamais complètement achevé tant que tout ce qui est commencé n’est pas totalement terminé.
Merci beaucoup d’avoir eu la gentillesse de répondre à mes questions.
Vous pouvez retrouver Jacques Pessis à la radio sur SudRadio avec son émission « Les Clefs d’Une Vie » entre 13h et 14h. Vous pouvez aussi lire ses nombreux ouvrages dont la biographie sur PIERRE DAC « Pierre Dac Mon Maître 63 » aux éditions le Cherche Midi.

Voici un de ses nombreux sketchs avec Francis Blanche : https://www.ina.fr/video/I05040700/pierre-dac-et-francis-blanche-conversation-a-batons-rompus-video.html

