J’ai rencontré pour vous Monsieur Thierry Lentz, l’un des plus grands experts contemporains de la période napoléonienne.
Il a écrit de nombreux ouvrages sur cette période. Il intervient régulièrement dans l’émission « Secrets d’Histoire » avec Stéphane Bern.

Présentez-vous-en quelques mots ?
Thierry Lentz, directeur de la Fondation Napoléon et professeur associé à l’Institut catholique d’Etudes supérieures de La Roche-sur-Yon. Auteur d’une quarantaine d’ouvrages sur le Consulat et l’Empire.
Quel est le but de votre nouvel ouvrage sur Napoléon ?
Mon but est, non pas de « défendre » Napoléon, quoi qu’évoque le titre, mais de défendre l’histoire en général et l’histoire napoléonienne en particulier. Concernant celle-ci, on entend beaucoup d’affirmations péremptoires concernant les « zones d’ombre » du règne napoléonien, alors même que la documentation permettant d’en parler avec mesure et connaissance existe depuis bien longtemps. C’est pourquoi j’ai accepté de sortir du confort de mon bureau pour débattre avec ceux qui, au nom des sensibilités contemporaines, s’en prennent au personnage et à notre travail. Rien n’est caché, tout est en débat, mais à condition de comprendre que l’histoire est une matière complexe qui ne saurait se résumer à des slogans. C’est aussi l’occasion de défendre une certaine conception de notre identité, née sous le règne de Napoléon, est qui est aujourd’hui la véritable cible des courants racialistes, indigénistes, féministes et « genristes ».
Je le fais, je crois, avec mesure même si, à certains moments, je ne mâche pas mes mots.
Nul n’est obligé de tout savoir sur l’histoire napoléonienne, mais lorsqu’on prétend en parler, il faut avoir un bagage minimum.
Comment avez-vous eu l’idée de cet ouvrage ?
L’idée de cet ouvrage est née il y a environ un an. Lors d’une réunion avec une grande institution qui voulait organiser une exposition sur Napoléon, les fonctionnaires ont d’abord écouté avec attention les conservateurs de musées et les historiens qui s’enthousiasmaient devant le projet. Puis, soudain, leur attitude a changé et ils se sont mis à insister sur le fait qu’il faudrait faire une large place aux « sensibilités contemporaines ». Ils l’ont fait plus par peur des réactions extérieures que par conviction. Je me suis alors dit que quelque chose avait changé dans nos métiers et que, même à un si haut niveau, nous n’étions plus écoutés et encore moins compris. J’ai alors pris la plume…
Je tenais à remercier Thierry Lentz qui a eu la gentillesse de prendre du temps pour répondre à mes questions.
Vous pourrez retrouver son livre « Pour Napoléon ».
Le livre sort le jeudi 11 mars 2021 aux éditions Perrin.
https://www.lisez.com/livre-grand-format/pour-napoleon/9782262094515

