C’est avec enthousiasme que je vous présente aujourd’hui la nouvelle biographie du colonel Passy, signée par l’historien Sébastien Albertelli et publiée aux éditions Tallandier. Sa sortie en librairie a lieu ce jour même.

Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?
Je suis historien et enseignant dans un lycée parisien. J’ai consacré ma thèse à l’histoire des services secrets gaullistes pendant la Seconde Guerre mondiale (le BCRA). Ceux-ci étaient chargés de faire le lien entre le général de Gaulle à Londres et la Résistance intérieure. Depuis, je mène des recherches principalement sur l’histoire de la Résistance, l’histoire de la France libre et celle des services secrets.
Comment avez-vous eu l’idée d’écrire cette biographie ?
Le colonel Passy a créé et dirigé les services secrets du général de Gaulle. C’est le personnage central de mes recherches depuis 25 ans. Au fil de mes travaux, j’ai accumulé une riche documentation qui m’a permis de mieux le connaître. J’ai eu envie de partager ces connaissances et en même temps de m’essayer à un genre nouveau pour moi, celui de la biographie.
Qu’est-ce qui vous a décidé à écrire cette biographie ?
La figure du colonel Passy est assez paradoxale : c’est un personnage central dans l’histoire de la Résistance et de la France libre, présent dans tous les travaux historiques concernant ces sujets, mais connu essentiellement à travers les mémoires qu’il a publiées en 1947 et en 1950. En outre, c’est un personnage qui a pratiquement disparu de la vie publique après la Seconde Guerre mondiale et dont le nom n’a été donné à une place publique, à Neuilly-sur-Seine, qu’en 2022. Il fallait essayer de comprendre comment un tel héros a vécu ainsi pratiquement disparaître.
Quels sont les deux mots pour qualifier le colonel Passy ?
Je dirais efficacité, courage et amertume.
Efficacité, car il a su créer un service essentiel de la France libre, qui a permis au général de Gaulle d’établir la liaison avec la Résistance intérieure et ainsi de gagner son pari politique : mettre la France à la table des vainqueurs à la fin de la guerre.
Courage, parce qu’il a toujours fermement défendu son point de vue et son service, sans craindre de se faire de nombreux ennemis, et parce qu’il n’a pas hésité à effectuer lui-même une mission périlleuse en plein Paris occupé en 1943. Il a de nouveau été parachuté, en Bretagne cette fois, en août 1944, dans un contexte très différent, et il a de nouveau pu faire la preuve de ses qualités de chef et de courage.
Quelles furent ses relations avec de Gaulle ?
Ses relations avec le général De Gaulle ont été loin d’être simples. En 1940 et 1941, il a traversé des périodes de doute, mais il est ensuite devenu un gaulliste inconditionnel. En 1942, il a noué une relation de confiance avec le chef de la France libre. L’année suivante, il a beaucoup souffert du départ du général de Gaulle à Alger et il a par la suite souvent eu le sentiment de n’être ni compris, ni soutenu. Pourtant, le général de Gaulle a toujours refusé de se séparer de lui, jusqu’en 1946, car il mesurait tout ce qu’il lui apportait.
Quelles furent ses relations avec Pierre Brossolette ?
Le colonel Passy a noué une relation fraternelle extrêmement forte avec Pierre Brossolette, dont il admirait l’intelligence. À bien des égards, il aura été l’homme d’une amitié unique et il a évidemment été profondément marqué par le sort tragique de son ami.
Le mot de la fin ?
Le colonel Passy est un personnage complexe. C’est ce qui fait l’intérêt d’écrire – et de lire – sa biographie. L’historien n’écrit ni une hagiographie, ni un texte à charge : il cherche à comprendre cette complexité.
Je tenais à remercier Monsieur Sébastien Albertelli qui a eu la gentillesse de répondre à mes questions.
Le colonel Passy aux éditions Tallandier par Sébastien Albertelli.
https://www.tallandier.com/livre/le-colonel-passy/

