Il fut l’un des médecins les plus détestés de l’Histoire, notamment pour avoir mené des expérimentations médicales illégales durant la Seconde Guerre mondiale, au camp d’Auschwitz. Il fit subir à ses victimes des interventions d’une cruauté extrême, ce qui lui valut le surnom de « l’ange de la mort ». Josef Mengele fut un homme important du régime nazi. Pourtant, il ne fut jamais arrêté ni jugé pour ses crimes. Il mourut en 1979 au Brésil, comme de nombreux nazis ayant fui en Amérique du Sud après la guerre.
C’est le destin de cet homme, que je connaissais encore peu, que je me propose de raconter dans cet article. L’idée d’écrire ce texte m’est venue après la lecture de l’ouvrage de Bruno Halioua, Josef Mengele : médecin et bourreau, paru en avril dernier aux éditions Perrin.
Ce livre est passionnant, car il permet d’apprendre de nombreuses choses, notamment sur l’enfance heureuse de Josef Mengele. Il se montrait fier de sa famille, en particulier de son père, Karl, propriétaire d’une usine de fabrication de machines agricoles. Cependant, le jeune Josef regrettait souvent l’absence de ce père, qui laissait l’éducation de son fils à sa mère, décrite comme une femme « extrêmement déterminée et énergique ». Son père, quant à lui, était présenté comme un homme « de bonne humeur et au cœur doux ».
Sa mère dirigeait le foyer d’une main ferme, notamment face à un mari dépensier, ce qui provoquait de nombreuses disputes au sein du couple. Josef résuma lui-même son éducation dans ses mémoires par ces mots : « l’estime et le respect plutôt que l’amour et l’affection ».
Les valeurs familiales étaient profondément ancrées dans une tradition conservatrice et catholique. Cependant, à l’adolescence, Josef finit par se détourner de la religion.
Surnommé « Beppo », il était un enfant au caractère extraverti, doté d’une grande joie de vivre, toujours souriant et amical avec les autres. À cette époque, il se passionnait pour la musique classique, la littérature et l’art moderne. Lorsqu’il entra au lycée, d’autres disciplines éveillèrent son intérêt, comme la biologie, la zoologie, la physique et la philosophie naturelle. Toutefois, ce fut l’anthropologie qui devint sa matière préférée, grâce à l’influence d’un professeur.
Son destin semblait pourtant être de reprendre l’affaire familiale. Mais à l’âge de quinze ans, il fut atteint d’une ostéomyélite. À la suite de cette maladie, dont il guérit sans séquelles, sa mère convainquit son père de transmettre l’entreprise à son frère Alois. Cela permit à Josef et à son autre frère, Karl, de choisir librement leur carrière.
D’après un camarade de classe, Josef ne savait pas réellement ce qu’il voulait faire après l’obtention de son diplôme de fin d’études secondaires. Toutefois, son rêve était de laisser une trace dans l’Histoire et de voir son nom figurer dans le dictionnaire.
Ce personnage restera malheureusement dans l’Histoire, non pas pour des actions positives, mais bien pour l’inverse. Pour être honnête, je ne savais pas précisément qui était Josef Mengele avant cette lecture. Je connaissais seulement le fait qu’il était mort au Brésil et qu’il avait mené des expériences sur des êtres humains, sans en connaître les détails.
L’ouvrage est particulièrement intéressant d’un point de vue historique. Cependant, la partie relatant sa fuite d’Allemagne est parfois un peu longue et complexe à suivre, notamment en raison du grand nombre de personnalités évoquées. En revanche, l’auteur décrit la vie de Mengele de manière très claire lorsqu’il aborde son parcours médical, faisant preuve d’une grande pédagogie.
Je vous invite à découvrir comment un enfant doté d’une immense joie de vivre est devenu un monstre sans scrupules, traqué jusqu’à la fin de sa vie, et même après sa mort.
Le destin de Josef Mengele montre comment un homme ordinaire, cultivé et ambitieux, a pu devenir l’un des plus grands bourreaux du régime nazi. Son parcours rappelle que l’idéologie, lorsqu’elle nie l’humanité de l’autre, peut mener aux pires atrocités. Comprendre son histoire, sans jamais la justifier, est essentiel pour préserver la mémoire et éviter que de telles horreurs ne se reproduisent.
Pour en savoir plus je vous invite à lire l’ouvrage de Bruno Halioua, Josef Mengele : médecin et bourreau aux éditions Perrin.

