Les Kennedy : Entre destin tragique, charisme et mystères – Entretien avec Georges Ayache

C’est avec grand plaisir que je reçois aujourd’hui Monsieur Georges Ayache, avocat, historien et auteur prolifique, spécialiste des États-Unis.

Il s’est également penché sur le clan Kennedy, en cette année marquant le 60e anniversaire de la mort du président John Fitzgerald Kennedy, le 22 novembre 1963 à Dallas. Voici quelques extraits de notre entretien sur cette famille qui fascine toujours autant le monde en entier.

Comment avez-vous découvert le clan Kennedy ?

Georges Ayache m’a raconté que son éditeur lui avait proposé, il y a quelques années, de rédiger une biographie croisée entre Kennedy et Nixon. Il a expliqué que Nixon l’avait initialement plus captivé. C’était surtout pendant la rédaction de sa biographie sur Frank Sinatra qu’il s’est intéressé à Kennedy. Selon lui, Kennedy est fascinant en raison de ses nombreux défauts mais aussi par ses qualités, bien que l’écrivain ne préconise pas un « culte démesuré » pour JFK.

L’historien a souligné que malgré les erreurs de Kennedy avec la mafia, ce dernier possédait un charisme indéniable et est devenu un véritable chef d’État après la crise de Cuba. En parlant de Kennedy, il dit qu’il « a l’art de transformer les échecs en succès ». Il voit les deux présidents Roosevelt comme l’égal de John Fitzgerald Kennedy.

Est-ce que Robert Kennedy aurait pu être un bon président ?

L’historien m’explique que pendant les années 50, le petit frère de John Kennedy, Robert, avait un rôle ingrat et détesté. Celui de chien de meute, un véritable garnement, grossier, rude, désagréable et humiliant pour son entourage. Cependant, il nous explique qu’après la mort de son frère, Robert a eu un choc épouvantable. Ce dernier s’est régénéré de façon très positive, notamment dans son caractère et dans son allure. Il est devenu plus libéral et plus politique que son frère.

Il aurait pu être un grand président s’il n’avait pas été assassiné.

Selon vous, quelles sont les raisons pour lesquelles JFK et RFK ont été assassinés ? Y a-t-il des liens dans les deux cas ?

Georges Ayache ne pense pas qu’il y ait de lien entre les deux assassinats. Pour le cas de Robert Kennedy, le spécialiste ne croit pas à la thèse palestinienne. L’écrivain a expliqué que « les frères ont trop joué avec le feu. » Pour Robert, cela résulte de sa lutte contre la mafia et de sa nomination en tant que ministre de la Justice après l’élection de John, contrairement aux attentes de la mafia. John Kennedy était également en conflit avec la CIA, ce qui a contribué à être menacé de mort dès 1960. « C’était inévitable, cela s’est passé à Dallas, cela aurait pu se passer ailleurs tant la volonté était inévitable de se débarrasser de lui était forte ».

Trois fils de la première génération Kennedy ont eu un destin tragique. Peut-on parler de malédiction ?

Il nous explique que la politique comporte des risques, et les frères Kennedy étaient parfaitement conscients que leur destin se terminerait mal. Ils faisaient preuve d’un courage immense, mais leur destin était lié. « Ils s’attendaient plus ou moins ».

Croyez-vous que la vérité sur ces assassinats soit faite un jour ?

Le spécialiste ne pense pas que la vérité sera révélée, mais estime qu’Oliver Stone, dans son film « JFK, » s’approche de la réalité. Il mentionne des liens entre l’assassin de Lee Harvey Oswald, la Mafia et la CIA, remettant en question la clarté de la thèse de la commission Warren.

Robert Kennedy JR

A-t-il la carrure et le charisme de son oncle et son père, Robert Kennedy ?

Non, selon le spécialiste. La destinée politique des Kennedy s’est arrêtée avec la mort du dernier frère, Teddy, en 2009. Il explique que Teddy, bien que fragile, fut un bon sénateur.

Pensez-vous qu’un Kennedy pourrait revenir au pouvoir ?

L’écrivain ne pense pas qu’un Kennedy puisse revenir au pouvoir. Cependant, il mentionne que John Kennedy Junior (le fils de JFK) aurait pu faire une carrière politique, car il possédait le charisme, l’autorité et l’intelligence nécessaires.

Le mot de la fin ?

« C’était qu’il n’y a pas de fin. »

Les trois frères Kennedy, Robert, Ted et John

Je tiens à remercier Monsieur Georges Ayache, qui a eu la gentillesse de répondre à mes questions et qui a pris du temps pour moi, ainsi que les Éditions Perrin qui m’ont permis de l’interviewer.

Pour en savoir plus :

L’ouvrage qui vient d’écrire, Georges Ayache : Les Roosevelt Une dynastie américaine aux éditions Perrin :

https://www.lisez.com/livre-grand-format/les-roosevelt/9782262096748

Vous pouvez aussi lire la biographie qu’il a consacrer au père : « Joe Kennedy » de Georges Ayache aux éditions Perrin : https://www.lisez.com/livre-grand-format/joe-kennedy/9782262044510


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