J’aimerais partager avec vous le dernier ouvrage de Bernard Stora. Réalisateur reconnu pour des films tels que Un dérangement considérable ou Villa Caprice, il a d’abord fait ses premiers pas comme assistant auprès de grands noms du cinéma : Henri Verneuil, Gérard Oury, mais aussi Jean-Pierre Melville*.
C’est justement du tournage du film de Melville « Le Cercle Rouge » qu’il est question dans ce livre qui est sorti le 17 septembre aux éditions Denoël.
Bernard Stora en révèle les coulisses, et je vais vous en livrer quelques anecdotes… sans pour autant tout vous dévoiler.
Avant de vous livrer quelques anecdotes sur le tournage, voici le résumé du film.
Un prisonnier évadé, Vogel**, croise la route de Corey***, un ancien détenu fraîchement libéré. Ensemble, ils préparent un grand coup : le braquage d’une bijouterie à Paris. Pour réaliser le plan, ils s’associent à un tireur d’élite, Jansen****. Pendant ce temps, le commissaire Mattei******, chargé de retrouver Vogel, se rapproche peu à peu de leur piste.
Ce livre est un véritable trésor, car l’auteur a conservé toutes les feuilles de tournage, jusqu’à la dernière. Les feuilles de service sont des documents essentiels qui détaillent chaque scène prévue pour le lendemain. Fait intéressant, l’auteur précise qu’avant et après ce film, il n’a jamais gardé ces feuilles… sauf pour celui-ci.
La lecture est passionnante, car on y découvre progressivement les relations complexes que Jean-Pierre Melville entretenait avec son équipe. Les tensions ne concernaient pas seulement les acteurs – en particulier dans ce film avec Gian Maria Volonté – mais aussi les techniciens et collaborateurs travaillant à ses côtés.
On apprend également qu’Alain Delon, durant le tournage, se contentait de jouer ses scènes avant de repartir aussitôt, sans rester sur le plateau. Un autre moment marquant est la performance d’André Bourvil, admirable dans le rôle du commissaire Mattei. Malgré la maladie qui le rongeait, il mena ce film jusqu’au bout. Bien qu’il ait tourné juste après Le Mur de l’Atlantique, Le Cercle Rouge reste, à mes yeux, son dernier grand rôle.
À titre d’anecdote, la scène finale fut tournée deux fois, à la demande de Bourvil lui-même. Chose rare, Melville accepta cette requête, sensible au désir de son acteur affaibli par la maladie. Le résultat est une séquence d’une beauté absolue.
Je vous invite vivement à lire ce petit bijou qui dévoile les coulisses de l’un des plus grands films du cinéma français. Et si ce n’est déjà fait, je vous recommande de (re)voir Le Cercle Rouge. Ce polar magistral n’a pas pris une ride et brille autant par sa mise en scène que par son casting cinq étoiles. Une mention spéciale revient à André Raimbourg, dit Bourvil, inoubliable commissaire Mattei, ici au sommet de son art.
Je tiens à remercier les éditions Denoël qui m’ont permis de découvrir cet ouvrage et d’en rédiger un article. Il s’agit de Dans Le Cercle Rouge. Le tournage du film de Jean-Pierre Melville au jour le jour, dont la parution est sorti le 17 septembre.





