Aujourd’hui, je vais vous plonger dans trois affaires criminelles marquantes du septennat de Valéry Giscard d’Estaing.
Trois histoires qui ont secoué la France, mais que le temps risque d’avoir effacées.
Je veux vous les raconter, pour que ces affaires ne tombent jamais dans l’oubli.
Affaire Jean de Broglie

Notre première affaire commence le 24 décembre 1976, jour du réveillon de Noël.
Un homme sort du 2, rue des Dardanelles, dans le 17ᵉ arrondissement de Paris.
À 9 h 22 du matin, il est atteint de trois balles : une dans la poitrine et deux dans la nuque.
Sa voiture, garée tout près du lieu du crime, porte une cocarde indiquant « Assemblée nationale », rappelant sa fonction de député.
La victime est Jean de Broglie, député de la première circonscription de l’Eure. Il vient tout juste de quitter son conseiller fiscal, Pierre de Varga.
Mais pourquoi aurait-il été assassiné ?
Selon une première hypothèse, il s’agirait d’une affaire de prêt et d’assurance-vie, révélée cinq jours plus tard par le ministre de l’Intérieur de l’époque, Michel Poniatowski, qui aurait alors désigné les responsables présumés de la mort du député.
Une autre version évoque la revendication d’un groupe d’extrême droite, le groupe Charles-Martel, qui aurait déclaré que
« le prince de Broglie avait été liquidé en tant que responsable de l’invasion de la France par les hordes nord-africaines ».
D’autres thèses, nombreuses et contradictoires, circulent encore.
Selon certaines sources proches du dossier, le prince de Broglie aurait été assassiné en lien avec un trafic d’armes.
Affaire Robert Boulin

Trois ans plus tard, une nouvelle affaire allait à nouveau plonger la classe politique dans le trouble.
Comme un écho tragique à la mort de Jean de Broglie, un autre ministre allait être retrouvé sans vie dans des circonstances tout aussi mystérieuses.
Nous sommes le 30 octobre 1979, à 8 h 30.
Un corps est retrouvé dans un étang de la forêt de Rambouillet.
Son nom : Robert Boulin.
Son poste au moment de sa disparition : ministre du Travail et de la Participation, mais aussi maire et député de Libourne, en Gironde.
Ce dernier était pressenti pour devenir Premier ministre après la victoire attendue de Valéry Giscard d’Estaing en 1981.
Mais l’histoire en décida autrement.
Pourquoi, lui aussi, aurait-il été assassiné ?
Selon la version officielle, Robert Boulin aurait détenu un terrain à Ramatuelle, dans le Var, acheté par l’intermédiaire d’un promoteur immobilier douteux nommé Henri Tournet.
Mais d’autres éléments laissent penser que le ministre possédait des dossiers compromettants, notamment sur des financements occultes de partis politiques impliquant certains pays africains.
46 ans plus tard, les langues commencent peu à peu à se délier.
La famille de Robert Boulin, portée par la détermination de sa fille Fabienne Boulin-Burgeat, continue de se battre pour rétablir la vérité sur les circonstances de la mort du ministre.
Affaire Joseph Fontanet

Le 1er février 1980, peu avant minuit, Joseph Fontanet est atteint par balles devant son appartement.
Transporté d’urgence à l’hôpital, l’ancien ministre succombe à ses blessures le lendemain matin.
Avant de perdre connaissance, il aurait déclaré que le tir provenait d’une voiture en mouvement.
Comme pour les deux précédentes victimes de cette série d’affaires non élucidées, les hypothèses se multiplient.
Certains évoquent la piste de groupuscules d’extrême gauche ou d’extrême droite ; d’autres celle d’un scandale lié à l’ancien casino d’Annecy.
Une simple altercation avec un automobiliste est également envisagée.
Quarante-cinq ans plus tard, le mystère demeure : ni le mobile ni les responsables de cet assassinat n’ont jamais été identifiés.
J’aurais aussi pu évoquer la mort du juge Renaud, surnommé le shérif, assassiné à Lyon en juillet 1975, ou encore celle de François Duprat, figure du Front national, tué dans un attentat à la voiture piégée en mars 1978, entre les deux tours des législatives.
Et pour en savoir plus sur l’affaire de Broglie, je vous invite à découvrir un documentaire disponible sur YouTube.
Si vous souhaitez en savoir plus sur l’Affaire Boulin, j’ai publié plusieurs articles à ce sujet : un récapitulatif complet de l’affaire, une interview de Benoît Collombat — l’un des journalistes qui a enquêté dessus — ainsi qu’un entretien avec la fille du ministre.
Si le destin de Joseph Fontanet vous intrigue, je vous recommande plusieurs émissions passionnantes qui lui ont été consacrées sur France Inter.
